Chroniques musicales vaguement intéressantes et encore c'est pas sûr.

Give a monkey a guitar… and he might make a record (acte 4)

Juin 2011

Une grosse semaine s’écoule, si mes souvenirs sont bons, entre la fin des prises et le mix. En tous cas suffisamment de temps pour que je vomisse les morceaux à force d’écoutes et de réécoutes chirurgicales, analytiques et somme toute anxiogènes. J’ai inauguré un nouveau carnet tout propre dans lequel j’annote tout, les corrections à apporter aux prises brutes (le premier qui parle d’edit je le trucide sur place, on est pas chez les amateurs bordel ), le relief à mettre en place, je vais même jusqu’à dessiner la répartition des instruments dans la stéréo. Certains titres comportant plus d’une centaine de pistes, je te laisse imaginer le casse-tête. J’ai à peine accepté que les morceaux ne bougeraient plus en terme d’écriture qu’une nouvelle armée de questions et interrogations en tous genres pointe son nez. La basse à droite ou à gauche ? A droite comme ça ? Elle va pas bouffer les fréquences du violoncelle si elle se retrouve du même côté ? Elle va pas être trop loin du kick ? D’ailleurs tiens, le kick, faut le laisser mat ou l’aérer un peu ? L’aérer ça risque pas de le désolidariser de la basse ? Et la voix, je la rentre, mais je la rentre comment ? Au point de la passer derrière la folk ? …. Une foutue version technico-sonore du rubik’s cube à l’usage de ton oreille interne.

En terme de confort et d’hygiène de vie, les séances de mixages sont les plus agréables comme les plus désastreuses.

Agréables parce que tu n’as rien d’autre à faire que te poser ton arrière train dans le canapé défoncé du studio et d’indiquer à Fab la direction dans laquelle il faut aller. J’aurais du comptabiliser la somme d’ordres que je lui ai balancé à la figure, parfois sans grande diplomatie, en trois jours. “Trop de reverb, non pas assez, elle est trop longue, nan elle trop courte en fait, oh et puis merde il n’y a qu’à l’enlever, ah bah nan remets là, t’es sûr que c’est pas à l’équalo qu’il y a un souci ?” Franchement à sa place je me serais collé des mandales par paquet de douze. Il ne doit rien n’y avoir de pire que de devoir supporter un pénible de mon acabit qui sait ce qu’il veut sans trop savoir comment l’obtenir.

Désastreuses dans le sens où calé dans ton canapé, tu n’as pas grand chose d’autre à faire que de griller clopes sur clopes et de vider café sur café histoire de te donner une contenance, d’avoir un truc dans les mains, en attendant une énième réécoute pour ajuster ceci ou cela, tout en sachant qu’il est fort probable que tu changes d’avis dans la demi-heure, la semaine, ou, sait-on jamais, l’année.

Au point où j’en suis dans ce foutu processus d’enregistrement, il y a belle lurette que je n’entends plus des chansons. Du tout. Je ne saurais même plus dire si les titres que crachent les enceintes sont bien les mêmes que ceux que j’avais balancés sur le papier l’hiver dernier. Tout n’est plus qu’une accumulation de pistes.  Je me rappelle très bien la manière dont elles ont été réalisées, l’état d’esprit dans lequel j’étais quand je les ai plantées, les défauts que je leur trouvaient au moment de la sélection… Imagine-toi bouffer un gâteau et qu’au lieu d’en avoir la saveur sur les papilles, tu te retrouves avec le goût de la farine, des oeufs, du beurre, l’odeur de l’étable, la race de la vache, et la couleur du slip kangourou du fermier. Si après ça t’arrives encore à apprécier le dessert, c’est que t’es franchement cinglé.

Trois séances de 9 heures de mix, à raison de 4 titres par séance. Ce qui nous fait, si je ne me trompe, la bagatelle de 2h15 par titre. Petit exercice de mise ne situation. Tu vas prendre ton plus beau jour de congé, sélectionner trois morceaux que tu aimes, ou pas d’ailleurs, et tu vas te les passer en boucle chacun pendant 2h15. Ou mieux encore tu vas tronçonner ce laps de temps en tronçons de dix minutes pendant lesquels tu n’écouteras que le charley, que la grosse caisse, que la reverb de la seconde guitare… SI t’as encore toute ta santé mentale à la fin de la journée, tu viendras m’expliquer comment tu fais.

J’exagère certes. Enfin pas tant que ça. Ca serait mentir comme un candidat à la présidentielle que de dire que le mix équivaut à une lobotomie à l’opinel rouillé. C’est quand même l’occasion de voir les prises prendre forme, s’imbriquer, de pouvoir commencer à deviner la cohérence globale de l’affaire. C’est aussi le moment rêvé de se féliciter de telle ou telle option sonore qui fonctionne, comme celui de se flageller de n’avoir pas été plus lucide ou plus exigeant.

Eh ouais, à le fin de ses trois jours, il faudra bien accepter que ça y est c’est fait. Tu vas repartir avec ton joli cd gravé et il faudra alors apprendre à classer cette histoire dans le dossier “passé”. Accepter qu’on ne reviendra plus en arrière, commencer à se dire que c’est ça un disque, une espèce de marqueur de ton parcours d’artisan musical à un instant T. Le disque satisfaisant n’existe pas.

Give a monkey a guitar…. and he might make a record (acte 3)

Avril 2011

L’Usine, studio associatif de Thionville. Faut y avoir foutu les pieds pour saisir le concept de surréalisme. Rien que ça. Imagine une cabine de prise dans un des bâtiments d’une fabrique de peinture dans une Z.A.C. La Lorraine, la vraie, jusqu’au bout de la tôle. Je t’épargne le récit détaillé de la tronche que tu tires la première fois que tu gares ta caisse sur le parking. Pour ma part, j’ai déjà donné il y a un an, ça casse l’effet de surprise.

Le studio n’a pas changé, quelques ampoules de plus ont claqué leur filament, le mobilier et la déco donnent toujours dans la récup’, ça sent le chacal et la clope froide… un paradis sur terre pour musicien indé. Fab Pilard, l’homme à qui je vais faire un trou à la tête pendant dix jours, n’a pas bougé non plus, le sourire enfouit sous la barbe. Je réalise qu’au delà du vague mal de bide et de la pression liée à la première journée de prises basse/batterie, je suis carrément content de retrouver le lieu, que ça fait finalement un bien salvateur que de se retrouver en terrain connu.

Les sessions commencent avec Alex, le batteur qui supporte mes crises d’ego et de foi sans compter mes humeurs de songwriter de bas étages depuis plus de dix ans et qui, par dessus le marché, a eu la gentillesse doublée du brin de folie nécessaire pour délocaliser son week-end de Pâques de la rillette à la Moselle. J’arrête de faire la tête de con d’artiste maudit et mal dans ses basques, il faut le reconnaître, on se fait plaisir. C’est quand même un luxe inestimable que de pouvoir planter les fondations d’un LP avec un type qu’on connait sur le bout des doigts.

Quand on est pas doté du don d’ubiquité, et qu’on a pas vendu ses cellules souches à un apprenti sorcier du XXIe siècle, les séances de studio en étant alternativement d’un côté puis de l’autre de la vitre de la cabine représentent un exercice aussi épuisant qu’étrange. J’ai pas de comparaison sous la main pour le commun des mortels, pour quelqu’un qui aurait un job, un vrai, mais c’est comme si on demandait au mec qui fabrique les poignées de portière d’une bagnole d’avoir dessiné le prototype et d’en assurer les essais sur circuit. Avoir une vue d’ensemble en étant concentré sur le particulier et réciproquement, évaluer les prises alors que tu viens juste d’en sortir le nez, faire des choix, si possible rapido et si possible les bons tant qu’à faire. Ca, plus une petite liste de garde-fous que tu t’es fourré dans le crâne :  ne pas se faire avoir par la différence sidérale et sidérante entre le son qui sort de la console et celui des maquettes que tu t’es farcies depuis des mois, choisir le son dès la prise et pas au mix, être exigeant encore et encore, 5 fruits et légumes par jour, manger bouger, tout ça quoi.

Alors que ta carte mère fond et que tes neurones comme tes intestins font des noeuds, Fab, la force tranquille, te mate du coin de l’oeil en grillant Camel sur Camel. L’ingé son comme je les aime. Ca tourne toujours, pas besoin d’un recommandé trois semaines avant pour savoir que la lumière rouge est allumée, économie de paroles pendant le boulot, juste celles qu’il faut quand il faut, la remarque constructive, le compliment rare, on n’est pas là pour se cirer les godasses. La recette parfaite pour créer une ambiance décontract’ mais pas branleuse pour autant. T’en oublierais presque que tu vois jamais le jour et que les sandwiches de hard discount te forent un trou dans l’estomac.

La grande course contre la montre peut commencer. Je ne vais pas te refaire la comparaison avec l’infime pourcentage v.i.pisé qui se dore la pilule au soleil pendant qu’une foule d’intermittents payés au lance-pierre lui mâchent le travail, mais appeler la présidente de Chez Kito pour demander une rallonge de 15 jours de studio parce que j’ai pas été foutu de tout plier en 10 n’est évidemment pas une option. Il faut bien se rentrer dans le cerveau que la prise du siècle, ça n’existe pas. Du coup quand à plus de trente berges tu n’as toujours pas compris que le mieux est l’ennemi du bien, qu’au bout d’un moment ça ne sert plus à rien de re-re-re-re-re-re-re-re-re-refaire, faut savoir se maîtriser et apprendre à s’arrêter, sinon à l’heure où je t’écris, je pourrais tout aussi bien être en train de secouer un shaker pour la deux cent cinquantième heure.

Ca serait quand même malhonnête de te faire entièrement croire que tout ça c’est de la torture. Je ne suis pas maso. Enfin… pas à ce point là. On se fend quand même bien la poire. Et en prime on finira avec la bagatelle de deux minutes d’avance sur les dix jours. Well done. Mais à l’heure où je refais pour la dixième fois la prise live de A hand on the handle en faisant attention à ne pas trop bouger, ne pas trop émettre de bruits parasites, ne pas foutre de bruns, ne pas me planter dans la structure, chanter juste avec la bonne intention, ne pas m’emmêler dans le picking, ne pas toucher aux micros, ne pas taper dans le popkiller, ne pas oublier le texte, je n’en sais strictement rien. 

Les choses se simplifient un peu avec l’arrivée des cuivres, des cordes et des invités. Comme je ne participe plus aux prises, ou presque, je peux me concentrer sur l’écoute et la sélection seules. Ca devrait me détendre. Mes fesses. Je me fous de devoir me passer un savon parce que je ne fais pas le taff. Mais aller emmerder des gens qui ne sont là que par amitié, bonne volonté, et goût du bénévolat, ça me pose un cas de conscience. Heureusement, mes amis sont formidables, est-il nécessaire de le rappeler, et je n’ai donc pas à faire fureur.

Certes il faut composer avec les contre-temps, les changements d’horaires de dernière minute, un timing plutôt serré, ajouter la charge de stress des autres à la sienne, mais au soir du septième jour, je repars à la maison avec un bloc brut de prises définitives que je vais pouvoir passer à la moulinette en attendant de le façonner au mix.

With a little help from his friends…

Buddy Satan, aka Flo Schall a lancé un appel à contribution pour le premier anniversaire de son très recommandable blog “Records are better than people”. Fallait bien que je ramène ma fraise. Ma contirbution nombriliste et trop longue est à lire ICI

Give a monkey a guitar …. and he might make a record (acte 2)

Mars 2011

Alors que le bureau dirigeant de Chez Kito Kat Records s’envoie en l’air en direction du Canada avec mes maquettes sur les oreilles, pour ma part, j’attends. Et ça c’est pas vraiment mon fort. Au point qu’il ne me faut pas plus d’une journée pour remettre tout ou presque par terre.

Il n’y a rien de pire que la demi-mesure, le tiède, le truc pas tranché, pas franc du collier. Du coup, il faut parfois se résoudre à assumer. Et justement, ces maquettes ont clairement le fondement entre deux chaises. Pas vraiment folk, pas vraiment pop, un espèce de truc petit bras qui refuse de dire son nom. C’est vrai que le son y est pour beaucoup, mais faut pas se voiler la face. Il me suffit d’une insomnie pour prendre la décision. Le LP sera pop, à fond la caisse, et orchestré, à fond la caisse tout pareil. Parce que c’est moi qui décide et que j’ai trop écouté le White album. Et on va se la jouer grand prince, on casse la tirelire, on fait péter le budget et on se tape dix jours de studio. J’ai envie de faire cet album comme si ça allait être le premier et le dernier, ce qui, remarque, est aujourd’hui encore une probabilité comme une autre.

Ca implique donc de repasser la tracklist au peigne fin. Un titre ne survit pas, le vieux truc bouche trou de dernière minute. Prévisible.

Ca implique également de revoir la copie déjà envoyée. Dégager de la place, se projeter sur d’autres sons, ce qui pour moi est simple en matière de cuivraille mais nettement moins pour les cordes. C’est d’ailleurs un foutu challenge que d’écrire pour elles, quand on est conscient qu’on aura pas une section pléthorique, qu’on ne sait foutrement pas comment marche un archet ou presque… Heureusement, vu mon boulot, j’ai la chance d’en avoir sous le nez tous les jours. Ca aide. Je garde l’illusion un moment que je vais arriver à rajouter des cordes de synthé sur les maquettes … pour l’essai. Mais je me rends très vite compte que ça n’est pas possible. D’une part à cause de mes capacités de pianiste proche du néant, et aussi parce que le peu que j’arrive à réaliser de deux phalanges hésitantes sonne froid, dégueulasse, sans relief … autant préparer le Tour de France sur un vélo d’appartement.

Tout ça m’amène à un bref calcul. Une trompette, un tuba, un cor, deux chanteurs, une choriste,  un sax baryton, une harpiste, deux électroniciens, un batteur, un clappeur professionnel, un violon et un violoncelle. Merde, il va me falloir faire appel à pas moins de quatorze personnes pour venir prêter gracieusement de leur temps comme de leur savoir-faire pour les sessions d’enregistrement. Va sérieusement falloir arrêter de se prendre pour Phil Spector. Dans la vie rêvée d’un utopique musicien véritablement professionnel, je pense que c’est le genre de situation où tu décroches ton téléphone et tu demandes à un grouillot de la maison de disque de te trouver ça…. et des bons, et plus vite que ça. Dans la vraie vie, tu prends ton courage à deux mains et t’envoie un mail à des potes, ou, plus difficile, à des collègues, enfin ceux que tu trouves sympas et suffisamment ouverts d’esprit pour espérer récolter une réponse positive. Pas simple quand on veut préserver la discrétion de ses activités discographiques ( oui je sais ça tient du paradoxe quelque part… ).

Comme ces braves gens volontaires n’ont quand même pas que ça à foutre ni à penser, il va falloir aussi organiser le planning des sessions. Dans la vie de quelques musiciens qui s’étouffent avec l’argenterie, c’est le genre de situation où tu rappelles le grouillot de la maison de disque, ou un autre, c’est égal, et tu lui demandes d’organiser ça …. et pour hier, merci. Dans la vraie vie, tu redécoupes encore le planning, tu calcules, tu prévois, tu téléphones, et surtout tu pries pour que tout se passe bien.

Mais on y est pas encore. Les jours du calendrier ont beau tomber inexorablement comme des mouches, on a un peu de marge. Suffisamment pour repenser l’ad-lib de Two hearts… et en faire une espèce de mille-feuille d’éléments mélodiques, un contre-point branlant qui éclaire un peu trois premières minutes ascétiques. Un final tectonique (dans le sens géologique du terme hein, pas ton petit frère teint en blonde atteint du syndrôme de la tourrette dans son sweat à rayures roses fluos) qui transforme la balade monochrome en litanie post-rockeuse. C’est d’ailleurs systématiquement comme ça. Loin de moi l’idée de me poser un cahier des charges au départ, de me dire que je vais faire un truc “à la” ou “dans le style de”. Heureusement, puisque quand ça me prend, ça finit par ressembler au mieux à un  exercice de style bien appliqué, au pire à un splendide étron. Tout est rétroactif. C’est quand le titre atteint sa phase de peaufinage que je me rends compte qu’une foule de trucs l’ont influencé. L’inconscient qu’ils disent les spécialistes. A titre personnel je préfère le laisser où il est. J’en ai peut-être déjà trop parlé.

Un dernier titre me passe par la caboche. Après la bagarre avec ce foutu Two hearts… que je tenais à achever, entêté que je suis, ça ne fait pas de mal de se retrouver face à une idée docile, qui va bien là où je veux qu’elle aille, où tout se goupille sans encombre. Le bol parfois, ça existe. C’est tellement la fête que je m’autorise le clin d’oeil à Faith No More. “The subtle art of making friends” est plié en deux jours et rejoint la tracklist pour porter le LP à la hauteur des quarante minutes réglementaires.

Les premiers échos de l’écoute du patronat arrivent. “Tout bien” en dialecte Rombaso-richemontais… ou presque. Le vieux titre de remplissage se fait épingler ( t’as voulu les prendre pour des buses, et bah voilà …), c’est justice. Pour le reste, ça paraît envisageable de sortir un disque avec ça, aux dernières nouvelles. Je pourrais faire des bonds au plafond, faire péter la roteuse et festoyer dans la joie et l’allégresse. Que dale. On est loin du compte encore.

Empêtré dans les arrangements de cordes que j’ai commencé à jeter sur les portées, je me rends bien à l’évidence qu’il falloir que j’abuse des deux fous furieux qui ont accepté de venir se démultiplier par la magie du numérique pour constituer un pupitre de cordes cloné. Je ne me fais pas confiance, sans parler de mon oreille interne, je ne peux pas courir le risque de me retrouver comme un baltringue le jour des séances avec des parties de cordes injouables ou pire qui sonnent de chiotte. Va falloir les poser sur les démos, aller grappiller quelques précieuses minutes des deux musiciens pour pallier à mon incompétence. Paye ton enregistrement à l’arrache chez l’habitant. Bon, c’est pas Van Dyke Parks, mais ça passe.

Tellement correctement que je remets le couvert pour la harpe. Grand bien m’en prend puisque descendre un accord d’un demi-ton sur cet instrument archaïque et barbare revient à tenter de jouer en picking avec les dents. Je me couche moins con ce soir là, c’est une évidence.

Je commence à prendre les onze titres en grippe, c’est bon signe. J’ai envie de tout foutre à la corbeille et d’effacer tout ça d’un fatal clic droit, mais j’ai commencé, faut finir. Les claviers midi sont vomitifs, je les refais donc avec un instrument digne de ce nom. Je peaufine, j’exporte, je prépare la liste des prises à faire titre par titre. Bah ouais, on en est qu’aux préliminaires. Le vrai disque se fait là, maintenant, sous peu. Et faut remettre les compteurs à zéro.

Give a monkey a guitar …. and he might make a record (acte 1)

Ce blog part vraiment en sucette. Enfin disons que quand il est actif, il sombre de plus en plus dans le n’importe quoi. Alors tant qu’à faire autant y aller franco, comme disent les espagnols.

Je me suis donc décidé à lancer une nouvelle petite série d’articles, vaguement musicaux. Parce qu’il me faut de quoi faire de la comm’ et parce que ça pourrait s’avérer intéressant. Pour moi j’entends hein. Et puis au pire ça me reviendra moins cher qu’une demi heure de divan chez un charlatan.

En fait, le truc c’est que dans un mois, Chez Kito Kat Records s’apprête à sortir un album. Le mien accessoirement. Les malades. Du coup toujours dans un but éminemment éducatif, je me suis dit que “tiens pour voir, je devrais essayer de raconter comment ça se fait un disque”…. c’est pas si con non ? …. enfin peut-être.

Février 2011

Quand, comme les 99% des musiciens de la planète, écrire des morceaux est une activité aussi vitale que bénévole, tu mets à profit la plus infime portion de temps libre pour t’y consacrer. A l’heure donc où la classe moyenne va fendre la bise sur les pistes empoudrées de France et d’ailleurs, je décide de mettre à profit mes vacances pour attaquer la construction du LP. Reste que c’est bien beau de griser une semaine d’agenda en écrivant “maquettage”, ça ne garantit pas pour autant que l’inspiration (nom d’un vieux barbu omnipotent que je hais ce mot ) sera là. Bah ouais, faut pas croire ce qu’on te serine dans Taratata, la musique n’a rien à voir avec la science infuse. C’est du boulot, du vrai, et ceux qui racontent l’inverse où te disent qu’ils pondent des morceaux en cinq minutes sur un coin de table sont de fieffés menteurs… ou de gros veinards.

Panne sèche le premier jour. Atterré par le niveau des morceaux que j’ai en stock, je me décide à taper dans le tas. Trois seulement survivent, le reste est à faire. Je commence à parcourir mes gribouillages de bouts de textes en chantier, j’assemble, je rature, je raye, je réécris, je rapièce… L’écriture pour moi s’apparente à un grand puzzle. D’un côté des textes amputés, ébauchés, et de l’autre des gratouillages sur une guitare sans destination véritable. Le tout est de trouver ce qui peut coller … et ça peut prendre du temps. Rien ne sort le premier jour…. rien de dramatique, juste de quoi commencer à devenir insomniaque. C’est d’ailleurs bien le principal souci avec cette saloperie de musique, ça poursuit constamment, sans se soucier de l’heure, des us et coutumes. Tu te lèves avec des questions, des doutes, tu te trimballes avec toute la journée, tu tentes de les faire taire à coup de brouillons de chansons et ils viennent te coller aux basques jusqu’au fond du lit. Bah ouais, faut pas croire ce qu’on te serine dans Rock’n Folk, la musique n’a rien à voir avec le plaisir rieur et enjoué. Ca pique, ça fait mal, ça remue, ça hante, et ceux qui racontent l’inverse ou te disent qu’ils arrivent à prendre ça à la légère ou à  penser à autre chose sont de fieffés menteurs… ou de gros veinards.

La nuit ne porte pas conseil, tu te lèves le matin devant le même champ de ruines que celui que tu avais laissé la veille. Et tu commence à te maudire de t’être fixé une deadline pour la fin du mois. J’étais pas vraiment obligé, mais je fonctionne comme ça, je rationnalise, j’organise l’aléatoire, ça me permet de croire que j’ai une prise dessus. Rebelote, on ne change pas la seule technique qu’on a. De nouvelles ratures, de nouveaux gribouillages, de nouvelles phrases jetées dans un angliche de cuisine sur un carnet qui commence à ressembler à un cahier de petite section.

C’est Down in the basement again qui pointe son nez le premier. Du vrai lego, un texte que j’avais en stock depuis un bail, un semblant d’autobiographie condensée en deux couplets et deux faux refrains, collé sur une grille que j’ai usée, retournée, triturée dans tous les sens avant d’en trouver la bonne version. Enfin ce qui sera peut-être la bonne version. Jusqu’à demain, ou la prochaine minute…. Ca tourne en guitare/voix, il est temps d’aller arranger et maquetter tout ça.

C’est bien sûr le moment que choisit mon ordinateur pour me péter dans les mains, embarquant la carte son dans son dernier souffle. Je deviens dingue, j’ai une semaine moins deux jours pour plier dix ou onze titres, et je vais devoir perdre une demi journée et la moitié de mes économies pour pouvoir tenir la distance. Le contre-temps de merde par excellence.

Les jours qui suivent oscillent entre travail obstiné, les mains de le cambouis et aisance soudaine. Ne pas se répéter, ne pas sombrer dans le cliché ni la facilité, rester cohérent, varier les textures et les couleurs d’arrangement, composer ( ah ah ) avec un niveau technique largement insuffisant sur la majeure partie de l’instrumentarium, enregistrer encore et encore des prises d’une traite, puisque j’estime toujours que ça me prendrait plus de temps d’apprendre à dropper plutôt que de replanter une piste complète.

Puis c’est comme tout, c’est en faisant qu’on adoucit le processus. Song for N. est pliée en moins d’une après-midi, un des rares titres à m’avoir traverser le cortex d’un coup comme ça, sans crier gare. Rien à voir avec Two hearts… dont je n’arrive à rien tirer. Initialement conçue comme une folk song dépouillée, je me rends compte que je dispose de trop peu de matériau musical pour en faire autre chose qu’une litanie de cinq trop longues minutes…

Bilan à la fin de la semaine, j’ai neuf titres dans la boîte. Neuf maquettes branlantes avec un semblant d’esthétique sonore. Pas de quoi changer la face du monde, ou faire mouiller sa culotte à un pigiste de Pitchfork, mais au moins c’est la mienne. Comme je suis foncièrement aussi orgueilleux que malhonnête, je comble le trou de la dixième track par une démo vieille de deux ans qui me permettra de donner l’illusion d’un LP de plus d’une demie heure. Je mixe tout ça à l’arrache avec les moyens et les oreilles du bord. C’est loin d’être satisfaisant, mais faut savoir lâcher prise parfois, surtout quand on est à moins d’une heure de la deadline et moins de douze de reprendre le boulot. Tout ça part par mail pour écoute Chez Kito Kat…. On verra bien. Au pire il me reste un paquet de nuits et d’heures creuses avant le début des sessions de studio en mai.

On oublie les blaireaux qui beuglent, on oublie la qualité de la vidéo et surtout on oublie qu’on avait des places qui ne serviront au final qu’à décorer le chiottes…. regrets, regrets, regrets.

On avait dit pas les potes (acte 3) - Yesterday is Tomorrow

Depuis le temps que je m’étais promis de la faire cette chronique. Pas de ma faute si cet enflure de Tumblr a tout simplement paumé par trois fois le brouillon que je peaufinais. Bah ouais quoi, lecteur(euse) tu croyais que cette plume acerbe et qualitativement remarquable coulait toute seule ?

Je m’étais donc promis de causer de Yesterday is Tomorrow tout d’abord parce que ça en vaut la peine, et aussi parce que je n’aurais jamais parlé de leur précédent groupe Her Majesty. Regorgeant pourtant de morceaux allant du bon au quasiment dévastateur, la disco d’Her Majesty souffrait malheureusement de quelques grosses approximations ( notamment du côté des fûts, là-bas derrière ) et autres maladresses autodidactes que je n’ai, en bon produit borné de conservatoire que je sais être, jamais pu digérer. Sorry guys.

Bref Her Majesty bouffe désormais les pissenlits dans le mauvais sens, Mickey se dore la pilule dans le sud-ouest et Cimrya soigne son spleen incurable sous l’incessant crachin normand. Ne les connaissant que de loin, ou par web interposé, j’avoue quand même que la séparation de ses deux là m’a un minimum fait chier. Il s’en est fallu de tellement peu pour que je leur décerne le titre de meilleurs songwriters made in rillettes 72.

C’est donc dans la joie et la bonne humeur que j’appris, il y a maintenant trop longtemps, que les deux inséparables avaient repris le turbin à distance. Il n’en fallait pas plus pour que je rouvre le dossier à la page Yesterday is Tomorrow, album : “Gibraltar”. 

Comme on est pas chez les Inrocks, je t’épargnerai le laïus sur ce titre d’album emblématique, passerelle et point de rencontre entre deux mondes, lieu de synérgie et de métissage, pause pour cause de page de pub The Kooples etc…. on va tailler dans la barbaque direct.

Ce qui saute aux esgourdes d’emblée, c’est que le duo n’a rien perdu de son talent d’écriture. C’est même la surmultipliée qui passe avec “Gibraltar”. Débarrassés du carcan  du power trio qui leur collait un peu trop aux basques, peut-être aussi de la nécessité de penser les morceaux pour le live, l’instrumentarium grossit à vue d’oeil et les arrangements frôle le perfect, avec un sens du détail et du plan sonore qui frappe fort et juste. Heureusement parce que de prime abord comme ça, le virage electro-pop effectué au frein à main et sans crier gare, m’avait au départ un peu rebuté…. c’est vraiment pas ma came sur le papier, mais là du coup ça passe. Et haut la main.

Pour une fois, on va se la jouer High Fidelity. Ca les fera marrer, le clin d’oeil.

Top 5 des titres où il n’y a rien à dire :

5 - “Runnin’ Round” ouvre l’album à la Beck. Alors oui, la boucle de battroche tu l’as entendue mille fois, le sample féminin fait Dee-lite sur les bords, mais c’est une tuerie de pop dansante et un brin naïve, la voix de Mickey, qui ne cessera jamais de me rappeler un Malkmus enrhumé insuffle juste ce qu’il faut de branlitude détachée, le refrain te percute la boîte cranienne de plein fouet, et le tout renvoie le Brimful of asha de Cornershop remixé par Fatboy Slim bouffer son byriani de poulet sans moufter. Même le pont bien placé la première fois, et un peu redondant par la suite passe comme une lettre à la poste.

4 - “Lolita Says”, une balade comme tonton Macca seul sait en faire ( vas-y tu l’as braqué où ton picking hein ? ) rehaussée d’un banjo redneck tout bonnement génial qui fait preuve une nouvelle fois d’un sens mélodique fatal. Trois minutes salement bien gaulées.

3 - Alors que la majeure partie du disque est relativement claire, pour ne pas dire enjouée, “Stains” te cloue au plancher avec un down tempo qui fleure bon la cold wave et le corbaque tout de noir vêtu. Le parti pris des cordes synthétiques est magique, tout comme les backing vocals du deuxième couplet. Une espèce de marche funèbre neurasthénique qui vrille le palpitant.

2 - “(You could be ) My perfect match” revisite encore un sample archi-connu, j’espère d’ailleurs au passage que Klaus Wunderlich, s’il est encore de ce bas monde, se dore la pilule à Ibiza en bouffant de la curry würst, tant ces trois accords de claviers illuminent la ringardise totale de sa production. Bref ce titre est sans conteste le plus tubesque de Gibraltar. Evident sans être con, ça pue le soleil et la bringue, le cruising en bord de mer. Bref dans un monde parfait, les dj moisis qui empestent les boîtes de l’hexagone et du reste de la planète achèteraient de la corde en gros et nous, les gens de goût, on irait déchirer le dance floor sur My perfect match jusqu’à l’aube.

1 - “The lonely kind”. La tarte, la vraie.Je ne sais rien de l’écriture de ce titre. Je ne crois pas aux théories mystico-fumeuses, mais je jure que Johnathan Richman et Brian Wilson ont jeté un oeil bienveillant sur ce qu’il faut bien appeler un chef d’oeuvre. Folk lo-fi et tremolo de rappe électrique hallucinée, mélodie à chialer, choeurs signés mais hyper efficaces… pour une fois y’a rien à dire, juste à appuyer sur repeat et pleurer.

Pour le reste “Gibraltar” oscille entre le sympa (“The day after”, “Nowhere to go” … ) le pas mal ( “Lights in the park”, “Noise in the attic”) et le borderline (“Connexion”) mais reste toutefois un gros cran au-dessus de la masse des groupes electro-pop qui se la raconte. Bien au-dessus. Alors oui, les imperfections de jeu refont parfois surface, on pourrait débattre pendant des plombes de l’armada d’effets pas toujours pertinents de la prod, du côté un peu rigide des instru logiciels, et rêver de ce qu’aurait pu donner l’album s’il avait été enregistré en live à l’ancienne. En attendant, on va juste souhaiter qu’un exemplaire physique voit le jour, en vinyle ça serait même de la balle, pour qu’on puisse se foutre The lonely kind en boucle et écouter tout ça ailleurs que LA.

Mandales de Proust (acte 2)

On ne fera jamais assez l’éloge des disquaires indépendants. Là où je crèche, le mélomane moyen à même du bol, puisqu’il en a deux bien complémentaires à sa disposition. Autant de raisons valables de réduire l’espace vital de mon appartement comme de creuser l’ulcère de ma banquière. Surtout qu’au delà d’un simple rapport commercial, à force de trainer les bacs, tu finis forcément par créer des liens humains avec les tenanciers des lieux. Tu palabres musique, albums, son, système audio, j’en passe et des meilleures. Ca fait pas nécessairement des amis pour autant, mais ça rapproche. Pour peu que tu laisses tes coordonnées, les bougres fournissent même du service personnalisé.

Ainsi lundi dernier, mon portable sonne. Un sms, Philippe de chez Disc Over m’annonce qu’il m’a dégotté le Saint Graal. Je laisse tout en plan, je fonce, c’est pas tous les jours qu’on termine une quête longue de presque 17 ans.

Eloignez les enfants et les âmes sensibles de l’écran : putain de bordel de nom de dieu de merde, dEUS, “Worst case scenario” en vinyle…..J’avoue, le saint graal, c’est un poil exagérer. Hormis une petite série promo aussi rare qu’un directeur du FMI abstinent, le premier effort des belges n’est tout simplement jamais sorti dans ce format. La galette que je tiens donc dans mes mimines pleines de doigts tremblantes n’est donc qu’un pressage pirate. Un verre duralex en guise de saints des saints. A vrai dire, lecteur(euse), je m’en tape, les originaux, les numéros de séries, et tout le toutim, c’est bon pour les collectionneurs. Le simple fait d’avoir ce LP marquant dans un si joli format me suffit amplement, surtout quand le contenu est à la hauteur. 

Worst Case Scenario n’a pas pris une foutue ride. “Suds and Soda”, le single de l’époque, te vrille les chicots à coups de violon obstiné, “Hotellounge” et sa structure à tiroirs est touts simplement fabuleux, “Right as rain” à tomber par terre, sur deux faces je redécouvre le palpitant en sur-régime les élucubrations rock-expérimentalo-foutraque made in Anvers. L’écriture allumée de Tom Barman dynamité par les tirs de chevrotine noisy de la six cordes de Rudy Trouvé… Intelligente sans être intellectuelle, barrée mais pas indigeste, accrocheuse mais pas évidente, la musique de dEUS reste, 17 ans après sa sortie une pure merveille à tous les étages. De quoi faire oublier deux derniers album en demi-teinte… Certes le pressage n’a pas le son du siècle, et ne fait pas disparaitre les stigmates d’une production mid-nineties un peu froide, mais ça n’est pas tous les jours qu’on tient 30 cm de merveille déjantée et décapante entre les mains.

La théorie du traquenard. Voilà le nom que j’ai donné au phénomène étrange qui fait qu’invariablement, quand je mets les pieds chez un disquaire pour un LP j’en ressors avec deux à trois fois plus, en fonction de l’avancement du mois comme de ma résistance psychologique du jour. Parfois même les éléments se liguent contre moi. Parti la banane jusqu’aux oreilles et le pas d’un cabri en léger surpoids récupérer la pépite belge ci-dessus, il fallait que je tombe un jour d’arrivage. 600 LP fraîchement débarqués de je ne sais où. Je ne pouvais pas ne pas jeter un oeil. Deuxième bac, strike.

Je ne te ferai pas, lecteur(euse) l’affront de te présenter Beck. Même en ayant passé son adolescence dans un couvent au fin fond du Larzac, impossible de ne pas avoir entendu “Loser” quelque part … Par anticonformisme primaire, je l’avoue, “Loser” et Mellow Gold m’ont toujours un peu gonflés. Non pas que l’album comme le single soient mauvais, loin de là, mais l’unanime critique élogieuse, le matraquage en règle sur les radios ados de l’époque et l’engouement quasi militaire avaient à l’époque un tant soit peu hérissé mes premiers poils. Je me suis du coup toujours tenu à une distance raisonnable de Beck. Et c’est ainsi que 15 ans après je viens de me prendre Odelay en pleine poire. Il n’est jamais trop tard pour arrêter d’être con.

Moins bricolé et crado que Mellow Gold, plus réfléchi, plus intuitif et malin, Odelay est un foutu disque hybride, kaléidoscope musical qui conjugue tous les styles sans jamais tourner à la démonstration de singe savant, sans jamais perdre en cohérence. La faute a un songwriting éclairé, un sens aigu du dosage. La face A mérite à elle seule un bon vieux vingt sur vingt. Phrasé hip hop, claviers soul, slide blues dégueulasse, samples à l’arrache, envolées psychédéliques…. tout, absolument tout est là pour faire d’Odelay un Frankenstein de la musique populaire du 20e siècle. Ca tient mortellement debout, ça réussit la prouesse de partir dans tous les sens sans jamais s’égarer…. je donnerai cher pour savoir ce que le père Ansen a dans la caboche. Et pour le coup, en vinyle, ça défonce. C’est chaleureux, plein de relief, un poil plus cracra que la version cd, en clair ça transforme un excellent disque en magistrale mandale.

Silence radio

Deux mois. J’ai connu pire comme hiatus.

Ne va quand même pas t’imaginer lecteur(euse) que je n’ai rien foutu pendant tout ce temps. Loin de là. De toute façon, et ce n’est pourtant pas la volonté qui manque, rien foutre c’est au-dessus de mes capacités. Et puis je ne vais pas me justifier, tu ne me feras pas croire que je t’ai manqué. Sur ce, on y retourne.

Day 30 - Hidden treasure - Pretty Things “Good good Mr Square”

Autres nominés : Readymade FC “Barefeet”, Sibille Baier “Colour green”, Karen Dalton “When a man loves a woman” “The Dismemeberment plan “Gyroscope”

Day 29 - Best instrumental track - Mogwai “I love and I’m goin’ to blow up your school”

Autres nominés : Aphex Twin “Window licker”, Autechre “Dropp”, 65 days of static “Don’t go down to sorrow”

Day 28 - Song for a good cry - The Cesarians “Sour Ink”

Autres nominés : Bob Dylan “Spanish boots of leather”, Belle and Sebastian “Get me away from here I’m dying”, The Smiths “Please, please, please let me get what I want”, Grandaddy “Jed the humanoid”

Day 27 - Song that awakes you in the morning even when you don’t feel like getting up - Boo Radleys “Wake up Boo”

Autres nominés : Belle and Sebastian “I’m a cuckoo” , Art Brut “Good weekend”

Day 26 - Song you would sing to your child - Animaniacs “Monkey song”

Autres nominés : Bonnie Prince Billy “Puff the magic dragon”

Day 25 - Sunday morning song - Belle and Sebastian “Lazy line painter Jane”

Autres nominés : The Velvet Underground “Sunday morning”, The Kinks “Sunny Afternoon”, The Divine Comedy “Pop singer’s fear of the pollen count”