Chroniques musicales vaguement intéressantes et encore c'est pas sûr.

On avait dit pas les potes ( acte 2 ) - Beat For Sale “The dream of a knicker”

Je suis solidaire et suicidaire, j’y peux rien. Alors même que le PDG de Chez Kito Kat Records, label messin aussi recommandable que recommandé, m’a formellement interdit de publier une chronique, même bien intentionnée,  de cet EP 5 titres sorti le 4 février dernier, alors même que je joue peut-être avec ma vie par cette désobéissance de tête brûlée ( si quelqu’un me retrouve en morceaux dans la Moselle, sachez que le sus-cité PDG est napolitain d’origine, et qu’il a de la famille ), je ne peux pas m’empêcher d’en causer de Beat for Sale.

J’en ai pourtant vu débouler des “super groupes”, des réunions pas toujours heureuses de mecs talentueux qui ont un nom, mais là, franchement la feuille de macth fait peur. Un type de Dog Bless You, un type de Mr Bios, un de Diaporama, deux de Komparce, accompagnés d’une demoiselle reconnue jusqu’à aujourd’hui pour ces talents de couturière ( les pochettes Kito sont cousues main ) et traitée comme une assistante de production chinoise de chez Nike dans une cave de Richemont, Lorraine. Pourtant, c’est un trio. Tu dois te dire lecteur(euse) que ça y est j’ai définitivement évacué mes notions de mathématiques élémentaire. Bah non. Komparce, Diaporama, Mr Bios, Dog Bless You, constituent au final l’oeuvre bicéphale de deux seuls et uniques individus, dont j’ai déjà eu l’occasion de dire du bien ici. Prolifiques les deux mecs… t’en connais beaucoup toi des types qui ayant déjà quatre trucs plus ou moins sur le feu iraient s’emmancher dans un énième projet ? Faut croire qu’il y a des idées à revendre, une boulimie de boulot chez ses deux là.

C’est pas pour rien que dans le joli livret façon poster de l’EP, les trois lascars posent dans une cuisine. Beat for sale emprunte partout, mélange, mixe comme on dit le jargon des tourneurs de potards comme des bouilleurs de sauces. Ca hume bon la cold wave synthétique, les filtres kraut, le tout réhaussé d’une grosse dose de hip-hop. Le genre de tambouille qui peut très bien te défoncer les papilles comme tourner aigre en cinq sec.

J’ai déjà pas des masses de temps à consacrer à ce foutu blog, raison de plus pour ne pas  en perdre à causer de trucs que je n’aime pas hein !? Donc autant le dire d’emblée, Beat for Sale sur disque ça marche. Pourtant je ne suis pas un amateur de musique dansable, je suis un paralysé du bassin et même avec un canon sur la tempe tu n’arriverais pas à me faire mettre un pied en boîte. Reste que là, aux premières écoutes j’aurais pu accrocher une boule à facette au plafond de mon salon et assourdir mes voisins à grand coups d’infra-basses. Beat for Sale est une foutue machine à faire bouger tes fesses. C’est direct, simple, et mortellement efficace (un beat, une basse, un flow). On est pourtant loin de la recette habituelle du genre, souvent en dessous les 120 bpm lobotomisants, pas de refrain sucré dégueulasse, pas de gimmick à la con. La preuve que le dancefloor n’est heureusement pas que le terrain de chasse de blondasses bronzées body-buildées et écervelées derrières deux platines. “Be a Girl”, “Yeni Raki”, “Fuck your friends” autant de cartouches qui feraient breakdancer un tétraplégique.

T’as pris ta première baffe, ondulé du bassin, sué ton comptant et ruiné tes cervicales, mais pour autant ça serait con de s’arrêter là. Parce que les deux artificiers en charge du son chez Beat for Sale truffent les titres de filtres malins, de rythmiques évolutives, de noise discret mais vital. Autant de détails qui valent la peine qu’on s’y attarde, qu’on écoute, vraiment.

Et puis il y a Salima, transformée en riot girl décomplexée et dont le flow défonce tout sur son passage. On l’avait déjà vue venir sur la dernière compil’ du label, mais là c’est l’explosion complète. Peu importe finalement que son anglais soit linguistiquement rudimentaire et difficilement compréhensible, on s’en carre, tellement c’est placé et bien senti. Même avec sa chouette prestation en featuring sur “Yeni Raki”, Ori a du mal à lui tenir tête. Si les deux orfèvres sonores en arrière plan confirment qu’ils sont loin d’être manchots, c’est clairement la front-woman de Beat for Sale qui crève les baffles, même quand elle se hasarde à chanter sur le crépusculaire et lynchéen “On the road”.

Comme d’hab faut que je devienne pénible, que je cherche la petite bête, j’y peux rien, c’est plus fort que moi. Qui aime bien cogne comme un âne. Tout ce que je viens de dire est clairement valable, a fortiori en live ou la tambouille prend toute son ampleur. Par contre sur disque, certains trucs pêchent un peu à force d’écoute. Simple, Beat for Sale l’est parfois un peu trop, malgré le fourmillement de détails intéressants dont je causais tout à l’heure.  Linéaires dans leur construction ( intro - emplilement - fin ), monochromes harmoniquement, arides en terme de mélodie ( seul le featuring de Flo vient pimenter la sauce sur ce plan là ), les titres de Beat for Sale, finissent parfois par donner l’impression qu’on en a fait le tour.

Alors oui, ce premier Beat for Sale est salement envoyé, puissant, efficace, trouve une voie propre et un style original qui touche son but sans aucun souci. Mais il laisse aussi une belle promesse pour le prochain, que j’espère ( même si tout le monde s’en fout ) plus en relief , en surprises mais avec la même capacité indéniable de me filer l’envie de foutre le volume sur onze et de bouger.

Posted on March 17th, 2011
3 notes
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